Chronique du Concert de SPETIC FLESH à l'Ubu, Rennes, 15-05-13

 

 

L'affiche:THE DESCENDING+CARACH ANGREN+FLESHGOD APOCALYPSE+SEPTIC FLESH

 


THE DESCENDING, du Deathcore avec un peu trop de basse. Et bien ça se confirme, ce style de musique n'est pas ma tasse de thé. Quand je ne comprends pas ce que font les guitares, je m'emmerde vite. A part la batterie très technique, le reste ne me passionne pas même si ça reste une mise en bouche acceptable. 

CARACH ANGREN. Leur black sympho hanté et glacial me sied déjà beaucoup plus. Et puis le synthé sépulcral met tout de suite dans l'ambiance et les blast beats du batteur sont impressionnants, le combo néerlandais dégageant une belle énergie. Les visages des 3 membres du groupes sont couverts de corpses paints lugubres, qui renforcent la théâtralité du show, mené par un frontman possédé. Leur musique ressemble à la bande originale d'un film dramatique et horrifique, or le public commence à vraiment rentrer dans leur jeu en devenant nettement plus participatif: les premiers slammeurs d'une longue série entre dans la danse, malgré l'exiguïté des lieux ! On remarquera d'ailleurs qu'une belle, jeune et longiligne Black metalleuse peut rester pendant deux morceaux dans les airs, alors que le gros métalleux de base ne tient pas 30 secondes sans se vautrer: c'est ça la galanterie (et/ou la concupiscence ^^) chez les hardos ;-)

FLESHGOD APOCALYPSE rentre alors en scène ! Le transalpins, toujours très classe, arrivent en chemises à jabot, les yeux fous maquillés de noir. Et c'est parti pour un déluge de notes composant leur ouragan d'un Black metal épique, lyrique et ultra technique. On laisse les ambiances gelées et macabre des abîmes de folie évoqués par CARACH ANGREN pour entrer dans une démesure beaucoup plus opératique. Le guitariste soliste abat un boulot monstre - y compris en rythmique -, le bassiste atteint des notes ultra aiguës lors des choeurs grandiloquents, le chanteur guitariste est à l'avenant (c'est à dire avec une bonne présence scénique); quant au batteur, il n'est pas humain: il met de la double et du blast partout, et renvoie le Lapin Duracel à ses chères études ! Le clavier, lui, restera discret tout le long du concert, caché qu'il est en fond de scène mais question musique, il ne fait pas de la figuration ! Tant d'intensité pourrait finir par lasser, mais heureusement, le groupe sait varier les ambiances et les tempi. Du coup, l'ambiance monte encore d'un cran dans un Ubu chauffé à blanc.

SEPTIC FLESH entre ensuite sur l'énorme "The Vampire of Nazareth" qui pousse d'entrée le public dans le rouge (la température n'a cessé de monter au cours de la soirée dans ce club assez petit en forme de coquille d'escargot où environ 200 personnes s'entassent, en partie sur des escaliers en gradin du sommet desquels j'ai une vue imprenable pour prendre des photos de la scène ). Ils n'ont d'ailleurs pas lésiné sur les lights monocolores (essentiellement vert, rouge ou violet) qui donnent une ambiance particulière à chaque morceau. Le jeune éphèbe à la longue crinière au poste de batteur enflamme la gente féminine présente, notamment lors d'un époustouflant solo de batterie écoeurant de facilité qu'il combine avec un tourniquet capillaire. Total respect... Mais c'est Sothis qui reste à la manœuvre pour diriger le 'black wall of death' sur le colossal "Persepolis", alors que le guitariste Christos (un nom délicieusement paradoxal dans ce contexte ^^) fait figure de Predator, avec sa carrure de déménageur et ses Dreads s'envolant à chaque dois qu'il headbangue. Suit encore un florilège d'excellents titres avant que les hostilités se clôturent vers 1h du matin, après pas moins de 4 h de concerts (et les pauses qui vont avec).

 

Bref, ce fut une excellente soirée !