Dons pour l'association Dark Skies Radio

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JEUDI: PRELUDE TO MADNESS.

Après un trajet sans encombre (mis à part le satanique périph' de Nantes...) et un bouchon finalement assez court, nous pénétrons dans la belle ville de Clisson. Cette année, le circuit d'accès passe par le centre ville, ce qui nous permet d'admirer le magnifique château médiéval, le pont sur la Moine et le coeur historique florentin; mais qui retardera beaucoup notre départ lundi matin (les feux rouges en période de forte affluence, c'est galère...).

 

 Prise de conscience de l'ampleur qu'a pris le festival: le parking est immense, mais hélas fort loin du fest dont on aperçoit la grande roue au loin. Après un parcours du combattant et un ''Walk of punishment'' durant lequel nous remontons le faux plat traître de la grande route qui mène à la première nouveauté visuelle (une guitare en métal géante de 10 m de haut, qui orne le rond-point jouxtant le site, splendide dans la lumière du soleil couchant), nous arrivons à l'entrée du Saint des Saints. La délivrance n'est plus très loin, et c'est avec une excitation non dissimulée que je vais récupérer mon pass Press/VIP (grâce à Dark Skies Radio, je vais connaître mon dépucelage journalistique !). Une fois réanimés par une rasade de Jägermeister qui réchauffe le ventre (merci à mon vieux compère Blood Bunny!) et le précieux bracelet posé, nous pénétrons dans la place, pour constater une fois de plus que le festi a franchi un nouveau pallier: un Hell City Square façon Daisy Town meets Universal Studios nous accueille, sur un terrain bitumé (qui prouvera toute son utilité le lendemain, quand les rescapés des tornades de poussières pourront y trouver un havre de paix sans cailloux). C'est ici que le Metal Market a été localisé, pour laisser plus d'espace à l'intérieur du festival en lui même (seul y demeurent les bars, les restaurants et les installations sanitaires). Après avoir franchi une passerelle infernale (sympa pour les riverains, mais risqué pour les festivaliers - surtout pour les plus avinés - et surtout très difficile à franchir avec un trolley chargé d'une glacière pleine de rafraîchissements et de victuailles) puis traversé un Metal Corner étoffé mais déjà surpeuplé, nous achevons enfin notre périple harassant en établissant notre bivouac au Red Camp (notre repère depuis que le festival a déménagé), cernés par les Bretons, mais en compagnie de compatriotes Normands.

On peut constater une fois de plus que la surpopulation est patente dès le jeudi soir, et se déplacer dans la jungle quasi inextricable et mouvante des tentes et autres tonnelles relève de la gageure, surtout quand on n'est plus tout à fait sobre... Assailli par les appels des différents amis (le Hellfest est une grande famille et l'occasion annuelle de retrouver les connaissances venues de tous le Grand Ouest et de Région parisienne), je ne commence à festoyer qu'à partir de minuit. L'occasion de faire les premiers "micros-camping" avec l'ami Feufollet de Dark Skies Radio, et d'interviewer le désormais légendaire Sasha, un géant slave barbus et tatoué aux allures de viking, toujours aussi enjoué, équipé de sa corne cyclopéenne et en galante compagnie !

Après un sommeil court mais lourd dopé à la Jäger-bière (à consommer avec modération bien sûr...), il est temps d'affronter le soleil de plomb promis pour tout le weekend et de nous lancer dans la bataille !!!

 

VENDREDI: HERE COMES THE SUN.

La queue est longue pour passer les portes de la 'cathédrale' (heureusement, cela sera mieux géré les jours suivants), or les premiers groupes jouent donc devant des troupes encore éparses et mal réveillées. Le temps de se procurer des protections auditives (le son est souvent très voire trop fort, c'est un peu la rançon du succès pour un événement ayant pris cette ampleur) on peut constater que le site s'est intelligemment adapté à l'afflux de festivaliers (plus ou moins 50 000 par jour puisque l'on joue quasiment à guichet fermé) en agrandissant l'espace devant les Mainstages et en réorganisant les lieux (un grand pôle de restauration avec des bancs a pris la place de l'ancien Metal Market). Mais le petit bois du Kingdom of Muscadet est toujours là pour nous procurer une ombre propice au repos, tout comme la petite ligne d'arbres devant la Grande Roue (une initiative de l'Office du tourisme de Clisson qui permet d'avoir une vue d'ensemble du site et des vignes qui l'entourent ainsi que sur le futur lycée ultramoderne). Niveau déco, l'équipe de Ben Barbaud est allée encore plus loin: outre les stands et bars à l'aspect post apocalyptique le jour (et gothique la nuit, grâce aux flammes et aux éclairages), le crâne immense surplombant l'espace VIP est désormais en relief et relié par des chaînes, un énorme corbeau en métal trône au dessus d'un gros pilier proposant le running order de chaque jour, et enfin un véritable T34/85 russe (char de la 2nde Guerre Mondiale) au couleur de l'Enorme TV - Une Dose 2 Metal est positionné devant l'écran de rappel (une autre très bonne idée vue les masses présentes!), derrière la régie son des Mainstages. Inutile de préciser qu'un fan de blindés comme moi surkiffe !!!

Niveau concerts, nous arrivons sur la fin du set des thrasheurs d'ANGELUS APATRIDA qui ne font toujours pas de prisonniers. Notre journée commence vraiment avec NIGHTMARE qui ouvre sur la Mainstage 1 en balançant son Heavy Power ultra puissant: quand la tradition sonne avec modernité, le tout joué avec talent et conviction, le metalleux old school que je suis ne peut qu'apprécier. Un set hélas trop court et une tâche un peu ingrate, mais les Grenoblois s'en acquittent avec panache et bonne humeur.

Sur les coups de midi, première dose de Black metal (ici sans fioriture) avec ORDER OF APOLLYON. Le groupe sait varier les ambiances et les tempi pour ne pas lasser: un bon point pour un groupe qui a en plus le mérite d'être français (décidément, une nationalité spécialiste des 'ouvertures' de scène). Une reprise ultra violente et pour tout dire inattendu duCreeping Death de METALLICA tire le public de sa relative léthargie (il faut dire que la chaleur est déjà écrasante et que les excès de la veille se lisent sur certains visages).

En partageant ma première mousse de la journée avec ma lilloise préférée (Alix, 'The Little Devil'), j'écoute d'une oreille distraite le Thrash efficace mais linéaire de FUELED BY FIRE. J'aurai un peu la même impression d'ailleurs en entendant TOXIC HOLOCAUST (quelque peu plus marquant, cependant).

Changement radical d'ambiance avec les vétérans de SATAN qui pratiquent un Heavy à l'ancienne dans la plus pure tradition de la NWOBHM, très bien sonorisé et fort honnêtement exécuté, avec des vocaux hauts perchés qui plaisent aux nostalgiques: un beau voyage dans les 80's !

Passage rapide devant le Black ambiancé de GEHENNA, traversé de fulgurances ténébreuses avant de retrouver mon acolyte Feufollet. Après un détour par un Metal Market très bien achalandé, direction la Press Area pour l'interview des très sympathiques NIGHTMARE (à écouter sur notre radio dès lundi 30/06/14 à 21h !). Retour au Fest pour la fin du concert des mythiques THERAPY ?, les héros du Rock/Hard de notre adolescence, à l'époque où de la bonne musique bien électrique passait encore sur Fun Radio et M6 (un temps que les moins de 25 ans ne peuvent pas connaître...). Le site est déjà bien plein et le cagnard tabasse sévère (on ne rappellera jamais assez la nécessité de bien s'équiper pour éviter les coups de soleil et les insolations, mais surtout de s'hydrater régulièrement, et pas qu'avec de la bière !). Les Irlandais nous gratifient en tout cas d'une reprise bienvenue duBreaking the Law de JUDAS PRIEST qui fait forcément mouche en ces lieux, avant de terminer par son tube des 90's Going Nowhere.

Suite à un changement de dernière minute, on commence à taper dans de la tête d'affiche avec TRIVIUM, attendu de pied ferme par une armée de fans (et aussi de curieux). Il faut dire que son Metalcore très technique a doucement évolué vers quelque chose de plus thrash et heavy, lorgnant ouvertement sur METALICA et MAIDEN, pour un résultat ma foi bien savoureux, à l'image d'un Brave this Storm porté par les guitares virtuoses de Corey Beaulieu, et de Matt Heafy (qui dispose également d'un beau brin de voix). Ce dernier délaisse quelque peu les growls pour un chant mélodique de bonne facture. Les quelques mots en français font toujours plaisir. Anthem et ses "We are the fire" repris en choeur finissent de gagner l'audience à la cause du groupe américain. Alors que le surpuissant In Waves clôt les débats en rappelant les racines "core" du groupe. Et c'est sur une version métallisée du One Winged Angel (tirée du jeu vidéo Final Fantasy VII) que Matt et son combo nous quittent.

La meilleure entrée sur scène est cependant effectuée par ROB ZOMBIE qui fait danser et chanter l'assistance au son d'un Horror Metal hyper rythmé (DragulaLiving Dead Girl,Super Beast) malgré le handicap de jouer en plein jour: on y perd un peu en terme de spectacle (absence de lightshow impressionnant, contrairement à 2011), mais l'assistance massive n'en a cure ! On a droit à un solo de batterie parodiant le I Fell Good de JAMES BROWN avant que le monsieur loyal dreadlocké fasse jumper tout le monde sur More Human Than Human de WHITE ZOMBIE, pendant lequel Rob s'offre un bain de foule. Durant Sick Bubblegum, les 3 charmantes performeuses de PIROHEX nous offre une danse du feu sensuelle sur la tourelle du tank (on approche du fantasme absolu, manque plus que ce soit un char Tigre et ça sera parfait ^^) avant que l'une d'entre elles nous fasse une démonstration de fouet enflammé ayant pour fond sonore House of the 1000 Corpses(le générique du film réalisé par le sieur Zombie). Ce dernier est d'ailleurs très content de l'accueil clisonnais. Nous avons droit à une reprise de DIAMOND HEAD (Am I Evil, popularisé par les Met's), pour repartir ensuite sur du WHITE ZOMBIE (Atomic Head) avant que John 5 nous prouve qu'il est un excellent soliste (tant pis pour Marylin Manson, qui depuis qu'il s'est passé de ses services, n'est plus que la parodie de lui même). Il nous offre même "35 secondes d'Enter Sandman" (qu'on ne présente plus) et un extrait du School's out d'ALICE COOPER. Succès assuré pour le final quand Rob agite un drapeau tricolore en hurlant "Vive la France !".

La mort dans l'âme, je sacrifie TURISAS pour être bien placé en attendant IRON MAIDEN (la gouttière de câblage sert de promontoire à mon frangin Barney et moi). Le set de SEPULTURA nous fait patienter. Le son est trop fort et au départ mal équilibré. Le groupe mené par un Derrick Green, désormais chauve, est à fond et son nouveau répertoire (plus hardcore) n'est pas inintéressant mais il ne vaut malheureusement pas les anciens hits comme PropagandaRefuse Resist ou Ratamahata, voire des monument du Thrash comme Arise. On a même droit à la grenade punk Policia, avant bien sûr Roots Bloody Roots en guise de pot de départ, toujours repris en choeur par le public.

Après quelques images introductives et le classique Doctor Doctor d'UFO, le prologue deMoonchild fait rugir la foule qui chantera presque toutes les paroles d'IRON MAIDEN (voire même les mélodies). Can I play with Madness est l'occasion d'un premier "Scream for me Clisson" que j'attendais depuis plusieurs années (et à voir les 50 000 entrées du vendredi, je dirais qu'au moins 75% d'entre elles attendaient également la Vierge de Fer avec impatience !). Même l'intro filmée de The Prisoner est reprise à l'unisson par le public majoritairement composé de passionnés. Le son est plutôt bon (du moins d'où je me trouve, c'est à dire juste à droite de la régie son), Dickinson très en voix, et le trio de gratteux toujours aussi affûté, n'hésitant pas à modifier certains soli. Si Dave Murray a fait du gras et que tous les membres désormais cinquantenaires (le batteur Nicko MacBrains - toujours ultra carré derrière son imposant kit - dépassant même les 60 ans !), la qualité du show ne s'en ressent pas trop ce soir. Si Adrian Smith est assez statique (il faut dire qu'il se charge des backing vocals), Janick Gers mérite toujours son surnom de "danseuse" et Steve Harris, conquérant, continue de fusiller les premiers rangs de sa basse, pied sur le retour. Quant à Bruce, il fait le spectacle, cabotine (notamment à propos du match de foot que certains ont préféré suivre plutôt que d'être là, ce qui pour moi est une hérésie...), interprète les chansons de façon très théâtrale et fait bien sûr participer les masses qui n'attendent que ça ! Le décors glacé (fortement inspiré de la tournée Maiden England 88) est superbe, sans compter la dizaine de backdrops qui défilent ni la pyrotechnie.

Two Minutes to Midnight déclenche les clameurs (et croyez moi, pas facile de rédiger cette chronique tout en chantant, en Headbangant, en prenant autant de photos qu'un japonais épileptique et en enchaînant les Devil Horns !). Dans son franglais inimitable, Bruce nous annonce qu'ils vont interpréter spécialement pour nous Revelation qui motive les troupes comme jamais, encouragées par ses "Allez les Bleus !!!". The Trooper donne l'occasion à Dickinson d'apparaître en uniforme rouge en agitant l'Union Jack, le rugissement d'approbation qui y répond enterrant pour un temps les traditionnelles chamailleries franco-anglaises. Les harmonies et les soli à 2 ou 3 guitares sont de toute beauté. Le backdrop de The Final Frontier (dernier album en date dont aucun titre ne sera joué, la setlist se concentrant sur les morceaux des années 1980) illustre The Number of the Beast (avec forces artifices et bouc démoniaque en statue animée à la droite de la scène). Un Bruce portant cape introduit Phantom of the opera de façon grandiloquente (ce titre épique, rare en live, est une pure tuerie !). La set liste est juste magique, illuminée par un Dave Murray en état de grâce, bien soutenu par son discret compère Adrian Smith.

Run to the Hills voit Janick Gers se battre contre un Eddy géant déguisé en Général Custer. Wasted Years est l'occasion pour Adrian de briller vocalement. Mais on atteint la jouissance visuelle et surtout auditive quand la statue du Clairvoyant annonce Seventh Son of a Seventh Son, soit le titre le plus progressif de MAIDEN, que je n'avais encore jamais entendu en live (et que je n'entendrai sans doute plus jamais): 20 ans que j'attendais ça !!! Cette magnifique pièce dantesque qui se termine par un quadruple solo mythique est tout simplement magnifique en version à 3 guitaristes. Mais à l'applaudimètre et au concours de chant, c'est bien sûr l'inévitable Fear of The Dark (seul titre post 80's joué ce soir) qui l'emporte. Assez logiquement, le final se fait sur le titre éponyme Iron Maiden et sa figure géante de la pochette de 7th Son... avec un foetus animé et des flammes qui sortent du crâne: whow ! En guise de rappel, le Churchill's Speech (avec des images d'archives de la Bataille d'Angleterre) ouvre Aces High (et son backdrop avec Edyy dans le cockpit d'un Spitfire): grosse pensée pour mon pote Max avec qui je l'ai souvent chanté (enfin, essayé car ce morceau est très aigu) quand on était ado. Et c'est en annonçant un 5-0 pour la France contre la Suisse que Bruce enchaîne par The Evil That Man Do (le public n'est toujours pas rassasié et chante comme un seul homme) avant de terminer par un Sanctuary des familles pour renvoyer tout le monde à la maison. Or c'est vrai que certains (dont je fais partie) ont lancé leurs dernières forces dans cette belle bataille. Mais il reste des lives à commenter, fut-ce allongé ! Quoiqu'il en soit, je viens de vivre le meilleur concert de cette édition 2014 (qui pourtant n'en a pas manqué, la suite de cette chronique vous le montrera), et peut être même de tous les Hellfest (mais il s'agit là de l'opinion forcément subjective d'un fan comblé). Je suis HEUREUX !!! En tout cas, les quasi Papis ont encore le feu sacré, ils nous en ont donné pour notre argent et je n'aurai qu'une parole à ajouter: cela est juste et bon !

Après une pause muscadet pour essayer de récupérer mes esprits et un peu d'énergie, je vais ensuite rendre hommage au regretté Chuck Schuldiner en assistant au concert de DEATH (TO ALL), leçon émouvante de Metal extrême de haute volée, très bien sonorisée, avec en prime les cavalcades du virtuose de la basse Steve Di Giorgio.

Après la déception SABATON (son très mal mixé, quasiment sans guitare rythmique, attitude de jean-foutre et chant pas toujours juste), je passe devant ENSLAVED et son Viking Metal progressif fort sympathique (mais déjà vu au Motocultor 2013) pour finir par me rabattre sur le psychédélisme plombé d'ELECTRIC WIZARD. Cette musique tellurique fait vibrer mon corps, le vidant des dernières forces qu'il lui reste... J'aurais bien voulu approcher un peu plus la charmante Liz Buckingham, mais elle est restée cachée la plupart du temps derrière ses longs cheveux blonds, la fumée et les lights bleutés, bien calée contre ses amplis qui crachaient des décibels emplis de fuzz et de saturation. Le groupe le plus Heavy de la Terre ? Peut être bien...

Sortant complètement laminé de cette notable mais éprouvante épreuve, je traîne ma pauvre carcasse sous la Altar pour écouter dans un état de semi conscience le show désormais bien rodé de SEPTICFLESH dont je ne me lasse pourtant pas: le son est excellent, Sotiris toujours aussi charismatique, et les titres de TITAN (finalement un bon album, très orchestral) passent bien l'épreuve du live. The Vampire of Nazareth, le monumental Persepolis et surtout l'entêtant Anubis me tire d'ailleurs quelque peu de ma bienheureuse léthargie.

C'est fourbu que je regagne ma tente pour essayer de dormir pour me requinquer un peu: c'est qu'il reste deux jours et qu'il faut savoir économiser sa monture si on veut voyager loin. Donc pas de fiesta pour moi ce soir là.

 

SAMEDI: BULLET THE BLUE SKY.

Ayant fini le vendredi au bord de l'épuisement (quand on prend de l'âge au Hellfest, le plus dur devient de gérer la fatigue, vu l'intensité de ce festival), il est du coup beaucoup plus dur de décoller du camping le lendemain.

L'entrée sur le site se fait sur OF MICE AND MEN qui me prouve une fois de plus que le Deathcore/Crabcore, ce n'est vraiment pas mon truc. Je ne suis définitivement pas fan de cette musique d'ado californien, la pauvreté des guitares et la prévisibilité du chant (ici, souvent encore plus moche car non autotuné, contrairement à ce qui se passe sur album) me renvoyant au vieux débat des années 2000 sur le Néo Métal.

Heureusement, on passe vite aux choses sérieuses avec le quatuor de choc et de charme composant LEZ ZEPPELIN, un coverband entièrement féminin qui honore l'oeuvre du Dirigeable: ça commence fort avec Immigrant Song, même si le morceau sert de balance au niveau du son. Dès The Ocean, tout rentre dans l'ordre, ce qui nous permet de constater que la rousse chanteuse Sarah McLellan est assez impressionnante, car il faut un sacré talent pour se couler dans le rôle de Robert Plant (vocalement, mais aussi scéniquement !). D'ailleurs, les autres membres de la formation new-yorkaise ne sont pas en reste, or les zicos du ZEPPELIN originel étaient loin d'être des manchots. Chapeau aussi à Steph Paynes, la guitariste (aussi charmante et passionnée en interview que possédée sur les planches), qui reproduit assez fidèlement les riffs et les soli du légendaire Jimmy Page. Une basse ronflante introduit un Dazed and Confused pachydermique. La gratteuse va jusqu'à jouer avec un archer, comme Tonton Jimmy, avant qu'un petit solo de batterie introduise un Rock n' Roll("Couillu" dixit ma voisine Caro !) enchaîné avec un logique Black Dog là encore bien énergique. C'était malheureusement trop court mais c'était bon !

Grosse baisse d'enthousiasme pour le Metalcore très quelconque de MISS I MAY, proche de celui d'AS I LAY DYING, donc pas du tout ma came, d'où une petite sieste à l'ombre d'un arbre bienfaiteur (mais pris d'assaut par les festivaliers). C'est ce moment que choisissent trois avions pour tracer un H dans le ciel avec leur traîne (véridique !).

SKID ROW est devenu méconnaissable sans Sebastian Bach: niveau voix et style, on est clairement perdant, surtout que le mix n'est pas fameux. Du coup, je vais rendre une visite à SUPURATION sous la Altar. Bien m'en a pris, car les vétérans français du Death atmosphérique se montre bien plus convaincants, en jouant l'intégralité de leur album phareThe Cube, bien servi par une sono et un light show aux petits oignons. Nombre de petits metalcoreux devraient prendre des leçons de voix claires non trafiquées auprès de nos nordistes adeptes de la machine à fumée ! L'accueil fort chaleureux qui leur est réservé ravit les frères Loez.

L'ambiance devient beaucoup plus paillarde pour accueillir les lurons déjantés de TROLLFEST. Comme ils se font un peu désirer, un "Tribord/Bâbord" bon enfant est lancé spontanément par le public. Mais une fois la bande d'hurluberlus enfin sur scène, c'est un joyeux bordel musical qui nous attend, face à une foule en délire: fun ! La palme du What the Fuck revenant à une version hallucinée du Toxic de BRITNEY SPEARS [sic] qui nous voit remuer du popotin comme des déments...

Après la folie teutonne, une bière bien fraîche s'impose, à siroter tranquillou au son du Hard Rock bluesy et classieux de WALKING PAPERS, qui compte en ses rangs rien de moins que le mythique bassiste des GUNS N' ROSES, Duff McKagan, se la jouant pourtant discret mais efficace. Le chanteur soliste Jeff Angell possède à la fois une belle voix et un jeu de guitare pas inintéressant. Les quelques touches de clavier rehausse le tout. Aussi gouleyant qu'une rasade de Jack Daniel's on the rock !

 

En faisant la queue devant un point d'eau (un bien précieux et convoité en ces temps de canicule), je pose une oreille de plus en plus attentive sur le Doom/Sludge de WITCH MOUNTAIN sublimé par le chant féminin d'Uta Plotkin (mi heavy, mi growlé). Sympathique découverte !

Une fois désaltéré, direction la Temple pour la fin du set de SKYCLAD, les pionniers du Metal Folk. Un concert chaleureux, avec un bon échange entre le public et le groupe, visiblement heureux d'être là. Le violon très présent met en valeur des morceau à la fois énergiques et dynamiques.

Je retrouve ensuite les Chuncho Brothers au son du Hard Rock FM mais funky d'EXTREME. La voix de Gary Cherone est toujours impec' et la guitare de Nuno Bettencourt étincelante. De plus, la ballade acoustique More Than Words fait forcément son petit effet.

De retour de l'interview de Steph Paynes (qui a bien failli défaillir dans le box de la Press Area où la chaleur est peut être la plus suffocante de tout le Fest, ce qui n'est pas peu dire !), petite pose Grimbergen au carré VIP (confortable et fourni en alcools de qualité) au son du Boogie Rock de STATUS QUO, avant de revenir au camping pour le premier live report de Dark Skies Radio. Comme un gros débile, j'oublie que c'est à ce moment là qu'à lieux le concert de CLUTCH (sur les 170 concerts du week-end, c'est quasiment inévitable que certains passent à la trappe). Tant pis, ça sera pour la prochaine fois...

Je zappe SOULFLY, vu moult fois, et apparemment en petite forme à ce que j'ai pu constater en replay sur Arte (notons au passage la couverture de la presse/télé généraliste de plus en plus conséquente, preuve que le Hellfest est désormais un événement reconnu et bien installé, n'en déplaise à la poignées d'intégristes cathos qui peuvent toujours s'agiter en pure perte dans leurs bénitiers...) pour me placer idéalement le long de la barrière de la régie de la Temple pour profiter au mieux du show d'ELUVEITIE, en compagnie de Caro (c'est son premier Hellfest, il est attendrissant de voir ses yeux émerveillés ^^) et de Mougnou, la pro des 'Oppenheimer' (le cocktail revisitant le cercueil sur une base de jägerbomb, dévastateur mais plus goûteux qu'il n'y paraît). L'agression sonore de BRUTAL TRUTH finit par se faire paradoxalement oublier tellement elle est linéaire. Mais c'est pour les Helvètes que nous sommes venus et ces derniers se font un peu désirer, d'où les acclamations avant même qu'ils n'arrivent. Or le soutien d'une assemblée passionnée ne se démentira pas tout le long du set exemplaire de nos Suisses préférés. Carrées et ultra efficaces, les troupes de Chrigel sont idéalement mises en son, c'est pourquoi Helvetios remporte d'emblée tous les suffrages, suivi d'un Nil du même acabit. Thousand Fold ne fait pas retomber la pression et déclenche même des "Hé!" batailleurs. Puis c'est Luxtos (leur version du morceau trad' popularisé sous le nom de La Jument de Michao) qui nous fait danser et chanter, tout comme Inis Mona, le titre qui les a rendu populaires (un autre air celtique connu chez nous sous l'appellation de Tri Martolod), agrémenté en live d'un solo de guitare bienvenu. Gray Sublime Archon également tiré de Slania mais aussi Neverland (issu du dernier skeud en date) nous rappellent les influences IN FLAMES, parfaitement intégrées au Metal Folk du groupe. La toujours ravissante Anna Murphy nous envoûte de sa belle voix (elle chante aussi pour son projet solo électro-rock) lors du tragique A Rose for Epona, avant de growler comme une furie lors du très violent The Siege, suivi d'un wall of death impressionnant précédant un Meet the Enemy furax, avant de revenir au plus ambiancé Quoth the Raven. Nous avons même droit à un nouveau titre (King) qui passe comme une lettre à la poste. On termine par Havoc pour rassembler une dernières fois les bataillons de fans, rincés mais aux anges. ELUVEITIE est venu, il a vu, il a vaincu !!!

Inutile d'espérer avoir une bonne place ensuite pour AEROSMITH car la marée humaine s'étend à perte de vue dans la nuit tombante, remontant jusqu'aux banques de jetons: la limite de saturation du site, malgré les extensions devant les Mainstages, est clairement atteinte. Heureusement, Blood Bunny et moi trouvons un point légèrement surélevé. De plus, un écran gigantesque en fond de scène nous permet d'apercevoir les Papis Rockeurs qui attaquent par Back In the SaddleTrain Kept a Rolling et le très énergique Eat The Rich(terminé par un bout du Whole Lotta Love des LED ZEP', qui introduit fort judicieusementLove In an Elevator). Le son devient vite très acceptable, y compris sans les bouchons d'oreille. Un nouveau titre (pas génial...) est vite oublié quand Crazy déboule pour remettre les pendules à l'heure. Steven Tyler est dans un bon jour vocal et Joe Perry toujours un as de la six cordes, la classe reste intacte malgré le poids des ans qui se lit sur les visages charcutés par la chirurgie esthétique. D'ailleurs, le groupe dans son ensemble assure, ce qui favorise cette célébration nostalgique. Sur Living on the Edge, ils font même chanter les filles de LEZ ZEPPELIN qui n'en perdent pas une miette en bord de scène (on imagine l'ambiance de folie backstage !). Last Child est encore l'occasion d'une belle démonstration vocale. Grande avancée centrale, lights somptueux, projections: c'est le show à l'américaine ! On a même droit à un karaoké monstre sur Freedom Fighter (un titre beaucoup plus réussi du dernier album). Le batteur Joey Kramer a droit à son gâteau d'anniversaire amené par une belle blonde avant un blues endiablé (Same Old Song and Dance). I Don't Wanna Miss a Thing nous montre le visage le plus mielleux du groupe (il s'agit de la bande son du film Armageddon). Retour au blues avec No More No More, reprise des BEATLES (Come Together), suivi du coolissime Dude Looks Like a Lady, qui fait place au mythique Walk This Way et au très rock Mama Kin. Très beau rappel avec Steven Tyler au piano (et Joe qui joue son solo monté dessus !) pour Dream On puis le magique Sweet Emotion et sa talk box. Magnifique spectacle, très pro, bravo aux Rock Stars !

On reste dans le grand barnum à la ricaine (flammes, feux d'artifices et gros light show) pour AVENGED SEVENFOLD qui commence par un Shepherd of Fire explosif. Le son est énorme et la voix de Mister Shadow fort belle. Niveau inspiration, on lorgne plus sur Metallica et IRON MAIDEN que sur le Metalcore du début. Ceux qui pensent qu'il ne s'agit que d'un groupe de plus pour ados décérébrés en sont pour leur frais: le niveau technique est élevé, le professionnalisme certain, et les compos entraînantes sans être abrutissantes. Les Californiens ont bien retenu la leçons de leurs aînés: un refrain que la foule peut retenir et chanter est un véritable atout en live ! De plus, le soliste Synyster Gates est loin d'être malhabile, et les duels de grattes sont somptueux, surtout pour ceux qui - comme moi - aiment les harmonies à la tierce. D'ailleurs, un p'tit Bat Country avec ses touches MAIDEN/GUNS N' ROSES fait du bien par où il passe. Hail to The King, repris avec enthousiasme par le public (encore fort conséquent à cette heure tardive malgré les craintes du groupe à ce sujet), prouve que le dernier album éponyme vaut sans doute que j'y jette une oreille plus attentive. Synyster nous balance une intro très inspirée sur Buried Alive (qui commence comme une bluette et finit par des riffs rageurs, pétards et pyrotechnie à l'appui). La ballade So Far Away est dédiée à la mémoire de leur ancien batteur James "The Rev" Sullivan, dont la disparition semble avoir soudé le combo. Une boîte à musique et des parties de batterie "à la Portnoy" (cogneur intérimaire sur le précédent album) lance le très bonNightmare. Gros prélude pyro sur This Means War, morceau sur lequel M.Shadow fait participer le public et dont le riff rappel le Sad But True de qui-vous-savez. Malgré le couvre feu de 2h du mat', ils obtiennent le droit à un rappel: Unholy Confession,et ses quelques passages de coreux à l'ancienne. Dernier circle pit de la journée, bonne nuit les petits !!!

Etrangement ragaillardi par cette suite de concerts galvanisants (le meilleur était pour la fin, ce samedi !), je participe à une grande assemblée au camping qui regroupe mes principales connaissances normandes, calva et Tullamore Dew en guise de potions magiques qui nous tiennent éveillés presque jusqu'à l'aube. Demain sera sans doute difficile, mais que serait le Hellfest sans la fiesta entre amis ?!

 

DIMANCHE: HOTTER THAN HELL.

Dur dur de commencer les concerts dès 10h30, surtout quand la fatigue et les excès du week-end se sont accumulés (et l'interview d'AZZIARD nous prouvera que c'est aussi un challenge pour certains groupes !). C'est donc en assistant à la prestation du groupe susnommé que je fais mon devoir (fort agréable au demeurant). Or la formation française de Black mâtiné de Death fait tout pour réveiller les courageux qui lui font face. Portant corpse paints, médailles et insignes militaires (les guerres sont leur sujet de prédilection), les gaillards mettent du coeur à l'ouvrage pour exécuter une musique bien composée et plutôt bien sonorisée, évitant la linéarité trop souvent inhérente au genre en proposant des mid tempi et des ambiances délétères contrastant avec les inévitables accélérations furieuses.

Mais c'est la prestation de BLUES PILLS qui va être le plus grand bonheur de ce dimanche. Je tombe instantanément amoureux de la belle suédoise à la voix de velours (d'ailleurs, après plusieurs discussion, il ressort que je suis loin d'être le seul, et même certaines femmes ne sont pas restées insensibles à son charisme et son talent). Elin Larsson, grande blonde aux cheveux longs, impeccable dans sa robe noir, nous envoûte de ses vocalises qui rappellent tour à tour Janis Joplin (pour le grain) ou Aretha Franklin (pour le côté Soul). Quant à la musique derrière, elle est très inspirée par les 70's, HENDRIX et ZEPPELIN en tête. Le pourtant très jeune guitariste fait hurler sa Gibson SG comme un maestro, et la section rythmique turbine derrière. La grande maîtrise du groupe, qui bénéficie de plus d'un son parfait, alternant moments d'émotion pure bluesy et cavalcades bien groovy, et cette touche délicieusement vintage : tout concoure à nous faire passer un agréable moment, hélas trop court. Le public, déjà présent en grand nombre ne s'y trompe d'ailleurs pas. A revoir absolument en salle et sur une durée plus longue !

On reste dans un style finalement assez proche avec le Hard Rock psyché et bien roots de SCORPION CHILD, gorgé de feeling. Le chanteur à la voix aigue doit lui aussi beaucoup aimer le Dirigeable (dont l'ombre flotte décidément sur cette édition) et les glorieux aînés des années 1960/1970 (on a même droit au tambourin et aux amplis Orange).

Changement radical avec Reuno de LOFOFORA qui veut "foutre le bordel pour l'apéro". Il faut avouer qu'il n'y a rien de tel que la Fusion/Punk/Hardcore française pour mettre le feu à un pit aux alentours de midi ! Il dégoupille d'entrée de jeu son titre le plus populaire l'Oeuf (et son refrain fédérateur: "Une seule race, plusieurs couleurs") enchaîné avec Justice pour Tous pendant lequel le chanteur au regard fou et au crâne rasé hurle "pogo!" (la fosse se fait un plaisir de s'exécuter malgré les nuages de poussière induits). Un message bienvenu de soutien aux intermittents (qui malgré la légitimité de leur lutte n'ont pas perturbé le Hellfest, qu'ils en soient remerciés - une banderole de soutien leur est d'ailleurs dédiée au dessus de la sortie du site) introduit une version très énervée de Les Gens. Nous avons aussi droit à un nouveau morceau du futur album (L'Epreuve du Contraire, à paraître en septembre 2014) intitulé Pornolitique: LOFO ne fait toujours pas de cadeau ! Quelques gouttes d'eau tombent pendant l'intro tribale de Le Fond et la Forme (fausse alerte, espoirs déçus pour ceux qui s'attendait à un peu de fraîcheur) mais le chanteur, à bloc comme toujours, n'en a cure, voulant réveiller définitivement les fêtards qui ont "bien vécu" pendant ces 3 jours de fournaise et de folie. C'est alors que Maxime Muscat du Petit Journal de Canal + (après son défi hippie rigolo) nous demande l'autorisation de venir nous faire des câlins avant de slamerjusqu'à se faire happer par le circle pit réclamé par Reuno. C'est déjà un progrès par rapport à la caricature habituelle qui nous fait passer pour des bourrins certes sympathiques mais bas du front (ce qui n'est pas forcément faux mais reste très réducteur). LOFOFORA termine par un autre nouveau titre, court et rapide: La Tsarine (viserait-il une certaine Marine ?).

La mini pluie n'a pas empêché le soleil de cogner de plus belle. Mais il ne décourage pas les aficionados d'IN SOLITUDE, des jeunes scandinaves qui pratiquent un Rétro Heavy très inspiré par JUDAS PRIEST et MERCYFUL FATE. Je dois cependant les quitter à regret, interview d'AZZIARD oblige (ce sera d'ailleurs un moment très intéressant tant les membres rencontrés sont disponibles et cultivés. Des mecs si sympas qu'ils me paieront même une rasade de Jack !).

Je reviens devant les Mainstages juste à temps pour POWERWOLF, les maîtres du Heavy parodique qui transforment la religion et les vieux films d'horreur en mascarade réjouissante et stimulante. Décors d'église, maquillages et costumes noirs, chants en latin, backdrop représentant en loup déguisé en évêque: tout est fait pour mettre dans l'ambiance. Succès assuré auprès des fans (ou plus généralement de ceux qui ont envie de s'en payer une bonne tranche) pouvant pousser la chansonnette et taper des mains sur des refrains étudiés pour: à savoir des hymnes comme Amen and Attack ou Sacred and Wild. Le chanteur Attila Dorn n'hésite pas à se faire grivois pour introduire (hum...) Ressurection by Erection.Raise Your Fist est fort bien nommé vu la réaction enthousiaste du public. Sur Cantus Lupus, les peinturlurés transforment l'assistance en clone massif de Dschinghis Khan ("Ouh ! Ah !!!"). Moment de communion sur We Drink Your Blood, calice et crucifix à l'appui. Enfin, un orgue façon cathédrale annonce le dernier titre (hé oui, déjà...): Lupus Dei. Assurément un des moments les plus funs de ces 3 jours !

Pour cause de live report, je quitte le champ de bataille au début du set de SEETHER et son Hard/Grunge millésimé - survivant des années 2000 -, mais je suis de retour pour voir la fin d'ANGRA. S'il est toujours agréable de réentendre des classiques du combo brésilien qui joue du Heavy mi speed / mi sympho (Nothing to SayCarolina IV, Lisbonne...), et que Fabio Leone (ex-RHAPSODY) fait honnêtement le job, force est de constater que le groupe a un peu perdu de sa superbe depuis le départ du formidable vocaliste André Matos, parti poursuivre une carrière solo, d'abord avec SHAMAN puis sous son propre nom. Quand arriveCarry On, de bienveillants pompiers prennent l'initiative d'arroser le creuset en fusion devant la Mainstage 2 (double avantage: ça rafraîchit les festivaliers et plaque la poussière au sol).

C'est du carré VIP, en compagnie de la Petite Diablesse (ma dealeuse de chocolats belges ^^) que je regarde le set survitaminé et classieux d'ALTER BRIDGE, qui a la chance de compter en ses rangs l'excellent chanteur Myles Kennedy (le compère de SLASH), pas mauvais non plus avec une guitare en main. Leur mélange de Hard Rock et de Métal fait mouche. Qu'il est bon de pouvoir poser son séant sur une vraie chaise, tout en profitant de la musique des Américains, avant que vienne le tour des Canadiens d'ANNIHILATOR, dont lasetlist semble très similaire à celle du Motocultor 2013. En tout cas, leur efficacité reste intacte. J'assiste alors pour la deuxième fois à un spectacle insolite qui a lieu dans le carré VIP: un match de catch de dessinateurs à moustache !

Un passage au catering (merci à la N'Alix Family) des bénévoles me permet de constater que les Hellfest les accueille très bien, et que l'ambiance y est excellente (ce n'est pas un hasard s'ils reviennent d'année en année même s'ils ne sont pas forcément des metalleux ultimes). Revers de la médaille, je rate BEHEMOTH (merci à Arte pour avoir rediffusé leur show grandiose) et DARK ANGEL (il paraît que les légendes du Thrash qui remplaçaient MEGADETH au pied levé n'ont pas démérité).

Je me laisse entraîner dans la Grand Roue (j'étais pourtant au départ un peu dubitatif) qui s'avère être un excellent spot photo, et qui permet de mieux se rendre compte de l'ampleur du site, de l'affluence, mais aussi du cadre exceptionnel (le vignoble du Muscadet). Une façon différente d'apprécier le concert de SOUNDGARDEN (un groupe qui faisait partie de la scène Grunge de Seattle avec NIRVANA). Les soli de Kim Thayil sont encore gorgés de feeling et la voix de Chris Cornell reste magnifique. Petit bémol, je n'ai pas reconnu de titres du pourtant très bon Down on the Upside (le groupe ayant splitté juste après préfère sans doute se concentrer sur l'album de sa reformation King Animal, que je connais moins). Quoi qu'il en soit, quel plaisir de réentendre Black Hole Sun, un tube de mon adolescence (à l'époque où cette musique était encore radio friendly...).

Mais place à celui qui est attendu comme le (sombre) Messie par tous les métalleux adeptes de musique extrême mais raffinée: EMPEROR est de retour !!! Or pour fêter les 20 ans d'In the Nightside Eclipse, cette pierre angulaire du Black est jouée ce soir dans son intégralité, la sonorisation étant assez précise pour rendre justice aux compositions majestueuses des maîtres norvégiens. L'exécution apparaît sans faille, Ihsahn (un habitué des lieux) étant lui même impérial. Grosse folie sur le terrassant I Am the Black Wizards et sabbat de masse (à ta santé, Christ-in-Boutin !) sur Inno a Satana (l'occasion pour le leader de nous présenter Faust, de retour derrière ses fûts). Une fois la messe (forcément noire) dite, on a le droit à un peu de rab', à savoir deux titres issus du premier EP du groupe: Ancient Queen et surtoutWrath of the Tyrant. Dieu (ou Satan, allez savoir...) que c'était bon !

Mon frère et moi décidons alors de laisser sa chance à BLACK SABBATH, or ça commence pas trop mal avec la première partie de War Pig, titre durant lequel la voix d'Ozzy (le talon d'Achille du groupe en live désormais, puisqu'elle ne peut pas être trafiquée, contrairement à ce qui s'est passé sur leur dernier album 13) semble à peu près tenir le coup. Durant Into the Void, Tony Iommi paraît être un monument dressé à la gloire de la classe british. Geezer Butler fait ronfler sa basse comme personne et Tommy Clufetos martèle son kit comme un forgeron. Snow Blind est magistral de lourdeur, par contre 'Papy Zinzin' est de plus en plus souvent faux. Un nouveau titre (Age of Reason, moyen) est vite éclipsé par le fondateur titre éponyme Black Sabbath (la pluie ruisselle sur grand écran lorsqu'une cloche lugubre retentit au loin), alors que le groovy Behind the Wall of Sleep se termine par un super solo de basse jouée à la pédale wah wah (une trouvaille du sieur Butler reprise plus tard par un certain Cliff Burton) débouchant sur le très cool NIB. Si les musiciens sont irréprochables (c'était déjà le cas avec Ozzy en solo ou en version "and friends" les deux années précédentes), l'ex-Prince des ténèbres fait de nouveau pitié à voir et surtout à entendre. Heureusement qu'il laisse souvent le public chanter à sa place pour limiter la casse et que les longues plages instrumentales lui permettent de se reposer (et de soulager nos pauvres oreilles). Faeries Wear Boots est suivi de l'instrumental Rat Salad, l'occasion pour Clufetos de nos prouver sa technicité et sa puissance lors d'un solo fortement applaudi. La foule (très nombreuse, comme les deux soirs précédents pour les autres têtes d'affiche) scande le riff d'Iron Man avant de très bien accueillir un deuxième nouveau titre - plus inspiré - à savoirGod is Dead (Ozzy aussi...). Le sur-heavy Children of the Grave clôt les débats, avant que le populaire Paranoïd soit servi en guise de rappel (Rock n' Roll Racing powaaa !!!).

On termine en douceur (enfin, tout est relatif) par le gig d'OPETH sous une Altar encore bien pleine malgré l'heure tardive. Le son est cristallin, ce qui permet de faire honneur au titre The Devil's Orchard tiré de l'album progressif / heavy rock Heritage. Mais les growls sont loin d'être oubliés avec Heir Apparent ou l'antédiluvien Demon of the Fall. Force est de constater que la voix saturée de Mikael Akerfeldt a d'ailleurs regagné de sa superbe. Une belle plage contemplative nous est offerte avec Hope Leaves. Mais la deuxième moitié de ce concert tout en émotion est constituée d'un diptyque parfait comprenant deux des plus belles pièces épiques à tiroirs de la discographie des Scandinaves: Deliverance (13 minutes de bonheur, mon morceau préféré d'OPETH) et Black Water Park, en guise de cerise sur le gâteau, pour clôturer une édition 2014 qui aura quasiment tenu toutes ses promesses. Skål !!!

 

EPILOGUE: DUST IN THE WIND.

Le bilan de cette édition 2014 est encore une fois très positif, avec quelques nuances cependant: le défi de la massification engendrée par cette affiche de rêve a été globalement relevé avec brio (avec un bémol pour la question de l'accès à l'eau, mais en même temps une telle chaleur estivale sur 4 jours est difficilement prévisible, surtout en climat océanique), même si un tel succès (le festival était sold out pour les pass 3 jours 3 mois avant de commencer, d'où les 150 000 entrées cumulées - dont 138 000 payantes - ce qui assure son avenir financier) entraîne fatalement des inconvénients.

En effet, si l'accueil a été optimisé sur un site judicieusement réaménagé (plus de sol goudronné ou empierré, c'est de la poussière - ou de la boue en cas de pluie - en moins, plus de toilettes sèches qui sont un mieux autant au niveau de l'écologie que de l'hygiène et du confort, plus de place, des espaces hors concerts plus ou moins au calme...), on arrive tout de même au limite de la saturation: en terme de fréquentation, on a sans doute atteint un pic, puisque Ben Barbaud et son équipe ne souhaitent pas changer de site, et c'est tant mieux car Clisson et son vignoble sont un vrai atout en terme de cadre et d'accueil. Il faudra d'ailleurs améliorer l'accessibilité pour limiter les bouchons.

Certains pourront ergoter (à tort ou à raison) sur l'aspect "Disneyland" dû à la Grande Roue et au côté carton pâte du Hell City Square. Certes, mais ça créé aussi une ambiance festive, et ça ne nuit pas à l'essentiel, qui reste la qualité du service et de la musique proposés. En ce qui concerne le premier point, il faut bien se rendre compte que peu de festivals font autant d'efforts en terme de décoration, de variété et de qualité de la nourriture ou des boissons (même si elles sont forcément trop chères) mais surtout au niveau des infrastructures coûteuses, qui seront cependant vite rentabilisées sur le long terme: ça change du champs à vache avec quelques bâches et seulement le trio saucisses/kro/frites à se mettre dans le gosier. Question musique (ce qui reste bien l'essentiel!), les têtes d'affiche n'ont pas déçu (malgré leur âge parfois canonique) - si on met de côté le cas Ozzy que je distingue du reste de Black Sab'-, la programmation fut une fois de plus hyper variée (à tel point que je n'ai pratiquement pas mis les pieds sous la Valley ou devant la Warzone, je laisse donc le soin à ceux qui y étaient de compléter ces chroniques) et a permis de nouveaux de belles découvertes. Ce fut aussi l'occasion de sympathiques rencontres (festivaliers, bénévoles, groupes), d'autant que mon bracelet Press/VIP m'a permis de passer pour la première fois de l'autre côté du miroir, ce qui m'a confirmé le professionnalisme de l'organisation et la bonne ambiance qui règne backstage.

Reste le débat qui devient prégnant depuis que le festival n'a cessé de grandir depuis son déménagement: le Hellfest est-il devenu trop gros, perdant ainsi son âme ? A cela, je ferai une réponse "de Normand" (normal ^^): oui et non ! Je pense que malgré la taille, cet événement reste organisé par des fans, pour des fans (contrairement à des grosses machines purement capitalistes comme le SONISPHERE). Ben Barbaud et son équipe ne se sont jamais moqué des festivaliers, ils ont toujours pris en compte leurs remarques et tentent tous les ans d'améliorer les choses, même si "ont ne peut pas contenter tout le monde", comme 'l'enfant du pays' le dit si bien ! Bien que les têtes d'affiche soient majoritairementmainstream, cela n'empêche pas des formations très extrêmes et/ou très rares de figurer au programme grâce aux 6 scènes (dont 4 spécialisées), or c'est ce mélange d'éclectisme et d'approche plus "généraliste" qui continue à faire la force du Hellfest tout en brassant les différents publics de la grande famille du Hard Rock, du Punk, du Hardcore et de toute les chapelles du Metal, bref de tous ceux qui aiment la guitare électrique sous toutes ses formes ! Reste qu'en effet, voir un concert sur grand écran, certains préfère le faire confortablement assis dans leur canapé devant un DVD. Ce n'est pas totalement faux, mais ils peuvent toujours passer le fest ailleurs que devant les Mainstages. Et pour les nostalgiques du vieux Hellfest (voire du Furyfest), il y a toujours le Sylak, le Triel, le Motocultor (qui me servira de session de rattrapage pour certains groupes loupés à Clisson cette année) et compagnie, ce qui n'est d'ailleurs pas incompatible !

Pour clore cette bafouille, quelques suggestions: séparer la Altar et la Temple (les balances gênent les concerts mitoyens) en les agrandissant, élargir la Valley (car les 3 tentes étaient régulièrement saturées), augmenter le nombre points d'eau (et surtout leur débit !), sans trop toucher aux autres aménagements. Et un conseil à tous pour finir: s'il fait beau l'année prochaine, prévoyez les cache-poussières, car les bandanas étaient en rupture de stock dès samedi !!!

 

See you in Hell !!!

PS: les prévisions vont bon train pour les 10 ans en 2015. Si METALLICA ou AC/DC font fantasmer certains (mais vu le prix du cachet, l'affluence induite et surtout la forme aléatoire des membres de ces groupes, est-ce vraiment souhaitable ?), il est sans doute plus raisonnable de tabler sur RAMMSTEIN, SOAD, TOOL, FAITH NO MORE, RATM pour ce qui est de l'inédit. Voire Phil Anselmo, Zakk Wylde et Rex Brown venant nous jouer du PANTERA (comme ils l'ont déjà fait ponctuellement sur d'autres scènes). Un peu plus de metal sympho sur les Mainstages en milieu d'aprem' sur au moins une journée ne serait pas non plus de refus. Et pour la date (reculée ou pas d'une semaine en raison du possible passage du Bac dans le tout nouveau lycée de Clisson), la question n'est pas encore tranchée. A vos pronostics (en attendant la première offre de pass 3 jours qui devrait arriver en septembre !).