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Depuis le 5 avril 2013, l'EP de STRYGE, intitulé "MMXII" ("2012" pour ceux qui sont nuls en chiffres romains ^^) est enfin disponible à la vente (auprès du groupe ou lors de ses concerts) pour la somme relativement modique de 5 euros puisqu'il s'agit d'un bel objet (pochette Cover/ photo du groupe, et disque imprimé) contenant 8 pistes, à savoir une intro, 6 morceaux et un interlude au milieu, soit plus d'une demi heure de musique, en fait l'équivalent d'un mini-album.    

Au niveau de la production, le son est très bon, surtout pour un EP enregistré "à la maison" mais avec tout le savoir faire technique d'Hugo (le batteur et ingé son du groupe), même si les guitares sonneraient bien sûr encore plus puissamment dans le cadre d'un vrai studio d'enregistrement. La batterie (programmée, pour des raisons évidentes de budget) sonne pourtant assez naturelle, et si ses parties sont souvent à l'image de la musique du groupe (c'est à dire complexes et variées), le combo normand arrive sans peine à les reproduire fidèlement sur scène. Au final, on a donc une œuvre et un produit final très proche d'une qualité pro, surtout pour un groupe (pour l'instant) d'envergure locale.

Cela dit, les nombreux concerts donnés dans les bars caennais (et même au BBC, suite à leur victoire largement méritée lors des tremplins organisés par le Pandorfest) ont permis à cette sympathique formation de s'aguerrir et de fourbir leur Métal symphonique mâtiné d'extrême chanté en anglais, qui ne demande qu'à prendre son envol à l'échelle régionale et pourquoi pas nationale.

Voici un commentaire titre à titre:

1) "Prelude to an end": tout commence par ce prologue mettant en avant les talents de Vincent (claviers et orchestration) dont les études au Conservatoire de Caen sont ici mises à profit. Les fans de sympho (et notamment d'EPICA) ne seront pas dépaysés par cette alliance de choeurs grandiloquents et d'orchestre mêlant cordes et instruments à vent.

2) "MMXII": le titre éponyme évoquant les prophéties et les délires à propos de la fin du monde en 2012 (l'éclipse visible sur la pochette en est directement inspirée), démarre par une intro inquiétante. Mais c'est aussi une parfaite carte de visite pour présenter l'univers du groupe: rythmiques agressives distillées par les gratteux Laure et Camille, batterie multipliant les cassures et les parties de double pédale endiablées de la part d'Hugo, chant angélique de Fleur se muant en grunts féroces, répondant aux growls profonds du bassiste Clovis, pendant que les orchestrations et les synthés de Vincent enrichissent le tout. Puis vient le break classique, durant lequel la guitare de Camille et les claviers se répondent en évoquant autant Mozart que Bach. Après un passage susurré par Laure et des vocalises aériennes de Fleur, la batterie lance la charge finale appuyée par moult choeurs, puis un autre solo de guitare de Camille pendant que le duo vocal se lance dans un duels de growls (très caverneux pour l'élément masculin, plus "black" dans le cas de Fleur). Le genre de morceau à tiroir qui sait varier les plaisirs sans tomber dans le piège systématique du plan "la belle et la bête" inhérent au métal symphonique 'à chanteuse'. Pas de linéarité, et un style qui se rapproche des évolutions progressives des deux derniers albums d'EPICA.

3) "Madness rules": Le synthé un peu malsain (façon "boîte à musique diabolique") lance le morceau en binôme avec des guitares assez 'bétons' alors qu'Hugo enchaîne les plans syncopés. Le chants de Fleur est très doux et mélodique, atteignant certaines notes assez hautes, en parfait contraste avec les parties de Camille et Laure qui sont une véritable invitation au Headbanging. Le break en son clair / piano introduit une séquence guitaristique digne de la NWOBHM, achevant ce morceau assez court mais très efficace en live.

4) "Insomnia": Intro mélodique en son clair jouée par Camille avant que les riffs, les claviers et la batterie ne s'emballent en évoquant clairement NIGHTWISH (Tuomas Holopainen étant une des influences revendiquées de Vincent). Le chant de Fleur reste assez sage alors que Clovis se déchaîne vocalement à deux reprises. Mais les choses deviennent encore plus intéressantes quand le rythme s'emballe et que Vincent se fait plaisir au synthé, avant un petit passage en son clair plus folk qui m'évoque "Prodigal son" d'IRON MAIDEN. Quelques vocalises lyriques et notes de basse concluent ce morceau assez abordable pour les néophytes.

5) "Interlude": respiration classique et romantique au milieu de l'album qui laisse de l'espace au piano pour s'exprimer. Cela dit, les autres zicos ne s'en laissent pas compter et rende le tout assez imposant. Une cornemuse apporte une petite touche celtique, avant que les ambiances dérivent vers quelque chose de plus cinématographique et orientalisant, faisant la transition avec le morceau suivant.

6) "God made misery": Le 'tube' potentiel de l'album évoque le passage de la Bible traitant du sort des Juifs réduits en esclavages par le Pharaon et attendant Moïse (les sonorités rappelant l'Egypte prennent donc tout leur sens), alors que le refrain peut aussi se comprendre comme une violente critique contre toute forme d'oppression religieuse. Que ce soit la mélodie et le solo introductif de Camille, les roulements d'Hugo, les chuchotements inquiétants de Laure, le refrain addictif sur lequel la voix de Fleur (dupliquée en plusieurs couches) fait merveille, les passages narratifs ou les fin de phrase growlés par Clovis, le pont très orchestral ou les rythmiques mêlées d'harmoniques entêtantes (Heabanging assuré en live !!!), tout est maîtrisé de bout en bout, jusqu'au final bien extrême où la voix féminine n'est pas plus douce que celle de son compère ours !

7) "Deliverance": Les synthés peuvent d'entrée de jeu faire penser à du STRATOVARIUS. Du point de vue vocal, c'est l'un des morceaux les plus softs de l'EP. Par contre, niveau guitares, c'est carrément heavy; tout en restant mélodique (guitares harmonisées à la tierce !). Les parties de claviers et les orchestrations sont bien présentes, la basse particulièrement audible. Les refrains sont très entraînants, discrètement doublés par les growls de Clovis. La chanson à faire écouter à votre copine pour l'amadouer ^^ !

8) "Spared, harmed and damned": Sans conteste, le morceau le plus épique de l'EP, qui compte l'histoire d'un guerrier nordique en proie aux tourments des hasards de la guerre et de la faveur versatile des dieux. Les lignes vocales sont assez recherchées et les choeurs batailleurs, aboutissant à la punchline de l'album: "Victory is on our way" ! Question guitares, thématique (et growls), on pourra remarquer des accointances avec AMON AMARTH. Quelques spoken words de Clovis précèdent le solo de Camille qui est de toute beauté. Quant aux cavalcades rythmiques couplées aux claviers, elles évoquent parfois les 'maidenades' qui me sont chères ! Le break black/death qui suit est dévastateur. Quand au final, il laisse les guitares s'exprimer une dernière fois, avant qu'une outro (un mixe de plusieurs influences cinématographiques, dont certaines font penser aux BO du Seigneur des Anneaux et Pirates des Caraïbes) clôture les hostilités en beauté.    

En résumé, cet EP, globalement orienté métal orchestral, brasse des influences très diverses, allant du Heavy et du Power au Death mélodique (voire quelques soupçons de Black symphonique), permettant ainsi d'aborder des ambiances variées à l'intérieur même des chansons, et des titres à la personnalité propre qui se distinguent les uns des autres. Le petit plus par rapport à d'autres groupes du même style étant la versatilité de la voie de Fleur, outre les qualités intrinsèques des membres du groupe et de ses compos.

A voir prochainement en live le 12 avril au Bar Le Laplace et le 20 avril au bar l'UBU (les deux sont localisés à Caen). https://www.facebook.com/events/549085868458593/?ref=ts&fref=ts