Dons pour l'association Dark Skies Radio

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Darkspace est un groupe de black métal ambiant suisse.

Axée sur le thème de l’espace en ce qu’il a d’effrayant, la musique de Darkspace est de prime abord peu accessible. Les guitares sont saturées à l’extrême, formant un mur sonore infranchissable, les morceaux sont ponctués de passages ambiants glaciaux, parfois cristallins, la boîte à rythmes - qui blast -  est très en retrait, en ressortent les cris déchirants des 3 membres du groupe, Wroth, Zorgh et Zhaaral qui se relaient.

Plus que d'autres groupes, Darkspace a su développer au fil des années tout un univers et toute une légende autour de lui. Ainsi les membres du groupe n'ont quasiment jamais donné d'interviews et qu'ils ne donnent de concerts qu'à de (très) rares occasions, dont un lors de l’édition 2012 du Hellfest. En concert, le groupe utilise un seul éclairage bleu et de nombreuses fumées, ne laissant presque pas distinguer les membres qui sont, du reste, particulièrement statiques et tous habillés de la même manière.

Voulant réduire les "à-cotés" de leur musique au strict minimum, les albums de Darkspace ne sont même pas nommés mais numérotés (I, II et III), tout comme leurs morceaux. Leur deux premiers albums, I et II, tirés chacun à 500 exemplaires, ont très rapidement été épuisés (ils ont depuis été réédités mais restent difficilement trouvable). Avec III, le groupe bénéficie d'une production plus nette, et d'une meilleure distribution (via le label italien Avantgarde Music). Le quatrième album, IV, est attendu pour décembre 2013. L’intro du concert dans le cadre du Hellfest 2012, inédite, laisse à penser que ce sera l’intro ou un morceau de IV. Les pochettes de leurs trois albums sont tout aussi minimalistes : seul y figure le logo du groupe, sur fond noir uni, accompagné d'une image évoquant l'espace.

On espère le meilleur de IV, comme le laisse augurer III.

 

 

Darkspace en live :

 

L'album III :

 

Vendredi: In dust n' distorsion we trust !

Après un détour par la sympathique ville d'Auray, arrivée vers 13h et montage de la tente au son du Hard Rock des Français de STICKY BOY, très influencé par AIRBOURNE. L'occasion d'apprécier le nouveau site de St Nolff, très arboré et à priori mieux équipé que celui de Theix, mais toujours à proximité de Vannes, dans le Golfe du Morbihan. Hélas, les goûtes d'eau m'accueillent... STICKY en profite pour passer une petite cover des CLASH ("I fought the law").

BELENOS prend le relais en débutant par une intro typée Pagan avant de balancer un Black Metal tout en nuances et chanté en Français ou en Breton, alternant les passages en blast beats et les plages plus calmes marquées par un chant habité ou mélancolique, à l'image des titres "Terres de Brumes" ou "Le Déchirement". Des bois de cerf ornant les micros renforcent ainsi l'atmosphère païenne se dégageant de cette musique fort bien exécutée: le bassiste tricote sur sa 6 cordes, et on même droit à quelques soli de grattes, avant que le premier pogo de la journée soit lancé, bien qu'encore éphémère et limité. Les passages en son clair sont magnifiques. Le groupe est d'ailleurs récompensé de ses efforts par un rappel réellement réclamé par le public ("Fureur celtique"). Belle découverte !

Le groupe suivant est un hybride: en effet, SYSTEM DIVIDE propose un Deathcore très technique (les gratteux notamment ont un gros niveau), mâtiné de Cyber Metal (cf. les samples), mais aussi et surtout d'un chant féminin de qualité assuré par une charmante demoiselle aux cheveux de feu: elle headbang d'ailleurs autant que le chanteur (en l'occurrence celui d'ABORTED, qui lui se charge logiquement des growls, heureusement pas trop souvent porcins).  A noter aussi une batterie très (trop) triguée. Cela dit, leur musique passe bien, elle est d'ailleurs accueillie avec enthousiasme par l'assistance qui se densifie, augmentant ainsi nettement l'intensité des pogos, et lance même le premier circle pit. Le fait que le chanteur soit wallon facilite la communication, même si le chant est en anglais. Cela dit, la formule devient vite bancale, et pour tout dire lassante. Or la faim commence à se faire sentir...

Je zappe le gros Death de MISEDUCATION OF MASSES pour me rassasier de porc et de houblon (les deux mamelles préférées du festivalier ^^), avant de retourner au combat au son d'ANGELUS APATRIDA qui pratique un Thrash ''slayerien'', adoucit (si l'on peut dire) par quelque mélodie plus Heavy à la MEGADETH. Groupe très pro d'ailleurs puisqu'un des guitariste s'évertue pendant 30 secondes à régler un problème technique avant de reprendre pile poil au début de son solo comme si de rien n'était. Et les premiers nuages de poussière commencent à monter de la fosse alors que la pluie s'est arrêtée.

SVARTCROWN, que j'ai découvert au Hellfest 2013, en remet une couche au Motocultor. L'accueil est de fait aussi enthousiaste que bourrin, notamment pendant les moshparts, à la hauteur du Death/Black français de haute volée: essai transformé !!! Or la marée humaine de slammeurs qui va avec rend la rédaction de cette chronique plus que sportive...

En comparaison, le Trve Black primaire et terriblement linéaire des très peinturlurés ENDSTILLE parait bien fade. De plus, le climat devient très lourd: le soleil a beau jouer à cache-cache avec les nuages, il nous fait quand même transpirer à grosses goûtes !

VOIGHT KAMPFF (une référence au film culte Blade Runner) propose quant à lui un Thrash qui a gagné un tremplin pour avoir le droit de jouer ici, et qui ma foi ne démérite pas.

 

Premier ''must'' de la journée, mes 4 hard rockeuses préférées, les CRUCIFIED BARBARA, entrées sur scène au son d'une musique grandiloquente. Si leur show reste dans l'esprit de celui de leur concert de 2013 au BBC près de Caen (en plus court, festival oblige), les filles font le boulot avec un professionnalisme et une envie que beaucoup de mâles pourraient prendre en exemple. D'ailleurs, la foule - déjà conséquente - ne s'y trompe pas, le record de slam de la journée étant sans doute battu (alors que cette musique ne s'y prête pas forcément en temps normal). J'en profite à ce propos pour féliciter la Sécurité, très pro et très sympa (certains ne cachent pas leur plaisir, malgré les nombreuses sollicitations des body surfers, qui en retour ne manquent pas de les remercier d'un sourire ou d'un geste amical). Pour en revenir aux rockeuses de choc (et de charme), elles sont aussi à l'aise en club qu'en open air, même sans le renfort des lights (il fait encore jour). Et ce n'est pas seulement parce que je suis raid dingue de ces quatre fantasmes vivants que je chante leurs louanges (par contre je désapprouve les "à poil !" balancés par une minorité de gros lourds imbibés). Ravies de l'accueil toujours plus chaleureux qu'elles reçoivent en France, elles donnent tout et ne manquent pas de remercier le public en témoignage du plaisir partagé. La majorité des titres viennent du dernier album (Intro sur le puissant "Crucifier", "Shout Your Mouth", "Rock Me Like The Devil", Everything We Need" et surtout "Count me in" - actuellement mon slow préféré - et son gimmick, lorsque Ida la bassiste et Klara la guitariste sont assises sur l'estrade de la batteuse Nicky, pendant que Mia chante seule face au public et balance des soli plein d'émotion). On a aussi le droit à des classiques du premier album ("Motorfucker", le bien nommé "In Distorsion We Trust"), un seul extrait de leur deuxième skeud ("Sex Action", malicieusement dédié aux filles de l'assistance et repris en coeur par tout le monde), sans oublier l'inévitable cover du "Kill by Death" de MOTORHEAD (Lemmy est leur père spirituel), cette fois-ci chanté par Klara Force, qui d'habitude se contente des choeurs. Et c'est sur un "Into the fire" définitif que les jolis minois prennent congés sous les vivats, un titre qui tombe à point pour nous réchauffer alors que la pluie se met à tomber drue, mais pour une fois je n'en ai cure, et à la limite, ça vient rafraîchir les premiers rangs chauffés à blanc (où j'ai obtenu ma place de haute lutte). Pour être totalement honnête, je suis de plus en plus fan, mais ce n'est pas sans raison, vu la régularité et la qualité des prestations des demoiselles tatouées, définitivement rock n' roll !

Difficile ensuite de se concentrer sur le 'War Metal' (mélange de Black et de Thrash - avec aussi un peu de Punk me glisse mon pote Chuncho dans l'oreillette !) pratiqué par DESTROYER 666, au demeurant plutôt bien fait. Point positif, le soleil a la bonne idée de vaincre la pluie et d'enfin percer les vilaines nuées bretonnes. L'occasion pour moi de distribuer des flyers de Dark Skies Radio pendant que j'attends pour un sandwich (gros progrès sur la rapidité de la restauration, au passage !). DESTROYER en profite pour dégoupiller une reprise de SLAYER ("Black Magic", en hommage à leur guitariste Jeff Hanneman, récemment décédé).

Après moult occasions manquées, j'assiste enfin à un concert d'ENSLAVED, à savoir les maîtres du Black progressif norvégien (avec voix claires et synthés, ainsi que structures tarabiscotées incluses). Cela dit, la ''malédiction'' semble me poursuivre puisque le groupe subit une avarie technique dès le deuxième morceau. Pourtant, il en faudrait plus pour désarçonner les cinq valeureux vikings qui reprennent après un petit solo de batterie jazzy pour meubler. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que leur métal alambiqué autant qu'extrême fait mouche, envoûtant un public toujours grandissant, alors que le jour tombant permet enfin de profiter un peu des effets lumineux. Grand moment sur "Ethica Odini", tout simplement ma préférée car elle mêle parfaitement beauté et noirceur (et moins difficile à appréhender que les titres de leur dernier bébé Riitir). Un 'vive la Bretagne' vibrant recueille logiquement un triomphe. Ils piochent ensuite dans des titres issus de plus vieux albums.

Après ce concert plutôt contemplatif, retour à de l'ultra énergique avec les Suisses d'ELUVEITIE et leur Death/Folk mélodique mélangeant les influences à la IN FLAMES et sons celtiques, le tout sur fond de légendes et d'histoires gauloises.  Un prologue suivi de "Helvetios" démarre ce concert en fanfare, avant que "Luxtos" (leur version du célèbre air trad' "La Jument de Michao") recueille un succès logique en terre bretonne. Malgré l'absence de bassiste, le groupe nous entraîne dans sa danse à coup de violon, flûte, cornemuse, mandoline, et bien évidemment de riffs carrés et puissants; alors que la voix et le hurdy-gurdy de la charmante Anna Murphy agrémente  ce 'pure fucking folk metal', comme le dit si bien le growleur Chrigel Glanzmann, notamment sur la power ballade "A Rose for Epona". Ce dernier ne trouvant l'ambiance pas assez bourrine, réclame un 'Huge circle pit' sur "Kindom Come Undone" lancé par un 'Let's go les amis'. Et la foule chante comme un seul homme sur "Inis Mona" (inspirée d'un "Tri Martolod" également très populaire chez les Breizhous !). C'est maintenant un wall of death qui est réclamé (et facilement obtenu) sur "Do(Minion)", le chanteur faisant même l'effort de quelques mots en Français: 'Ce soir, mes frères Gaulois, on va saigner du Romain !'. Passage fun  quand Anna se mets à pousser quelques grunts très convaincants, à la grande surprise de certains, vu sa frêle stature. Miri Tadic, la violoniste, nous envoie de notes qui rappellent l'Irlande, obtenant une dernière salve d'applaudissements qui déclenchent les remerciements sincères du groupe, avant un "Alésia" dramatique à souhait en guise d'au revoir.

Pas de répit avec les mecs de DEVIL DRIVER, complètement intenables, menés par un Dez Fafara plus en voix et un groupe plus carré qu'au Hellfest 2012. Bénéficiant du statut de tête d'affiche et d'un beau light show, les Ricains s'imposent sans mal; et ce ne sont pas les désormais fameux "Cloud Over California", "I Could Care Less" ou les extraits du petit dernier ("Beast") qui vont calmer les ardeurs d'un public au taquet. Efficace et brutal, cette 'New Wave Of American Metal', avec au passage le record de 'fucking' et 'shit' de la journée ! Nous sommes même gratifié d'un inédit "The Appetite" en avant première, le bassiste montant sur des amplis pourtant instables pour faire un saut de plus de 3 mètres et rejoindre ses petits camarades, le tout sans accroc. Lors d'un circle pit géant, Dez arrête temporairement les hostilités en rappelant à juste titre qu'il ne s'agit pas de séances de Kick Boxing et que l'on ramasse les confrères qui tombent. Le cercle reprend de plus belle (Dust fog inclus, heureusement le bandana peut servir de cache-poussière !) avant que DEVIL DRIVER nous balance une bonne dose de gros Hardcore qui tâche. Quel final, mes aïeux, mais quel final !

Je ne dirai rien d'ABORTED, car le Brutal Death/grind de porcinet scatophile, ce n'est pas mon truc... Par contre, VADER en guise de suppositoire avant d'aller au lit (enfin, sous la tente), c'est du direct dans ta face - bien qu'en léger pilotage automatique - à mi chemin entre le Death de MORBID ANGEL et le Thrash de SLAYER (et oui, encore eux, mais ils ont eu une sacrée influence sur les scènes extrêmes). Il est plus de 2h du mat' quand je m'envoie une dernière bière en guise de verveine avant de sombrer dans le sommeil du juste.

 

Samedi: Peace n' War.

La journée commence sur les chapeaux de roues avec 'les poètes' de JUNGLE ROT, distillant un Death Old School assez proche de celui d'OBITUARY, mais en plus rapide et binaire quand il s'aventure dans le Thrash, entrecoupé de down tempos brisent nuques. L'assistance est plus que clairsemée, en même temps la fatigue et les excès de la veille ont eu raison de beaucoup de festivaliers !

Suit le groupe méritant la palme du pire nom de tout le week-end, EXCREMENTORY GRIND FUCKER (le Motocultor invite tous les ans un groupe 'décalé'), qui comme son nom l'indique fait du grind rigolo - il faut bien le dire - virant très vite au grand n'importe quoi musical. Il y a même des passages punk, ska, voire techno [sic], notamment par le biais d'une Keytar (guitare clavier) alors que le brailleur en chef (portant une veste dorée) enchaîne les facéties. C'est distrayant à défaut d'être très bon, à l'image de la reprise de "No limit" de 2UNLIMITED (oui, c'est de l'Eurodance des années 1990 !) ou d'une chanson de David Hasselhof (Alerte à Malibu !), ou encore une ode au schnaps. Enfin, en guise de dernier morceau, les Teutons déglinguent le "Final Countdown" d'EUROPE. Beau succès en tout cas pour eux, car l'esprit du festi est quand même à la grosse déconnade, la gaudriole se poursuivra d'ailleurs le lendemain, les échanges verbaux abscons entre un des membres de ce groupe parodique armé d'un mégaphone en backstage et un groupes de joyeux drilles du camping dureront un bon quart d'heure !

Retour aux choses sérieuses avec HACRIDE et leur Metal moderne tout en nuances et en qualité de jeu. La voix du chanteur, belle et versatile, fait merveille alors que les rythmiques massives et saccadées sont une invitation au heabanging. Deuxième groupe français à la suite et sur la même scène, GOROD balance un Death alambiqué ultra technique, bourrés de breaks et de morceaux de bravoure instrumentaux. Le son, mal mixé au début, s'améliore progressivement, nous permettant de profiter pleinement de cette musique brutale mais paradoxalement pleine de finesse. On atteint des summums de poussière tellement l'assistance est à fond, à l'image du groupe, qui en rajoute une louche. Vive la France !!!

Je rate le 'punk à roulettes' d'UNCOMMONMENFROMMARS (on respire un bon coup !) que j'ai déjà vu plusieurs fois, car il faut bien reprendre des forces de temps en temps, et revient pour NICK OLIVERI AND THE MONDO GENERATOR. L'ancien bassiste de QUEENS OF THE STONE AGE, qui pour l'occasion fait également office de chanteur-frontman, joue une musique assez proche de son ancienne formation, c'est un dire un Hard Rock un peu Stoner voire Punk, mais en moins Pop et plus criard. C'est certes sympa, mais ça ne casse pas trois pattes à un canard, tout le monde n'ayant pas la chance d'avoir la voix d'or de Josh Homme.

Accélération radicale avec le Crust rapide et simpliste d'EXTREME NOISE TERROR, à la plus grande joie des quelques keupons présents sur le site. Ensuite, c'est le pogo général - malgré une pluie à nouveau battante - lors de la charge de THE EXPLOITED, emmené par un Wattie (et sa célèbre crête rouge) à fond pour nous envoyer une bonne dose de Punk Hardcore: le slam se pratique alors à grande échelle, en vagues successives. Tous les 'hits' sont là, joués pied au plancher: "Beat The Bastard", "Fuck the System", "Alternative", "Dogs Of War" ou le plus heavy "Troops of Tomorrow". Le public chante en choeur, entre deux ruées dans la mêlée. Petite déclaration d'amour ('I love you mother fuckers') avant "Fuck The USA", alors que "Sex and Violence" en duo avec un Nick Oliveri aux anges transforme la foule en chorale démente.

Ambiance plus calme  et festive pour le Folk Metal oriental d'ORPHANED LAND, avec une belle participation du public  qui tape dans ses mains dès le sample d'intro. Niveau setlist, c'est un mixe des trois derniers albums (All Is One, The Never Ending Way of the Warrior et l'excellent Mabool), avec quelques classiques plus anciens comme "Norra el Norra" qui fait jumper les foules. Kobi Fahri, très en voix ce soir, est appuyé par le renfort vocal des spectateurs, pendant que Yossi Sassi nous régale des harmonies du Moyen-Orient jouée à la bouzikitara (un bouzouki couplé à une guitare électrique) et de soli de toute beauté. Les goûtes continuent à nous harceler par intermittence depuis THE EXPLOITED (ça a au moins le mérite de fixer la poussière au sol), mais le fans n'en ont cure et le manifeste bruyamment, une jolie damoiselle perchée sur des épaules n'hésitant pas à montrer ses boobs ! Et ce n'est pas les apparitions de la ravissante danseuse du ventre franco-libanaise  Johanna Fakhry (celle qui avait eu de gros problèmes avec les islamistes de son pays après avoir fraternisé avec nos Israéliens préférés au Hellfest 2011), notamment sur le tubesque "Sapari", qui vont nous refroidir ! Et on termine par le traditionnel "Ending (Ornament Of Gold)" qui permet à 4000 ou 5000 personnes de chanter une dernière fois en balançant les bras de gauche à droite, et dont l'intermède reggae est l'occasion pour Kobi de présenter tous les membres du combo et la danseuse venant du Liban.

Après cette démonstration d'amour universel et ce plaidoyer pour la paix (comme l'a dit justement Mister Fahri, "Nous parlons beaucoup de religion dans notre musique, mais celle qui nous réunit tous est le Heavy Metal"), passons à la guerre et aux décharges de pure haine délivrées par les Black Metalleux finlandais d'IMPALED NAZARENE, le tout jouer avec un feeling limite punky, mais hélas doté d'un son brouillon, hurlé par un Mika Luttinen possédé. Reste qu'un petit "Armageddon Death Squad" fait toujours sont petit effet !

Retour au fun avec les zombies de BANANE METALIK et leur gore n' roll, c'est à dire un Psychobilly (la contrebasse est de sortie !) mêlant Punk - voire Metal - et paroles tournant autour de l'anthropophagie, du sexe et du sang ("Please to Meat You", "Ma chair est tendre", "Santa Muerte"...). Après une introduction mélangeant musiques de film d'horreur et bruits de fusillades, le groupe débute par le thème du parrain: énergie, bonne humeur et second degré sont ensuite au rendez-vous tout au long du concert, à la plus grande joie des spectateurs, qui en profitent pour remuer du popotin, alors que le chanteur va régulièrement au contact des premiers rangs, en profitant à chaque fois pour nous dire à quel point il nous aime !

Mais place à la principale tête d'affiche de ce samedi, les Canadiens d'ANNIHILATOR. Ces légendes du Heavy Thrash technique bénéficient idéalement d'une bonne mise en son et lumière, ainsi que d'un temps de jeu conséquent, ce qui leur permet de dérouler un programme composé de titres de leur album qui vient de sortir fin Août (Feast), à l'image d'un "Smear Campaign" ou d'un "No Way Out", mais surtout de classiques (dont certains ont plus de 15 ans, le groupe ayant 14 disques à son actif) comme "King Of The Kill" (la foule répond comme un seul homme). La voie de Dave Padden et son jeu de guitare font merveille (il double parfaitement les harmonies ou les riffs de son aîné), mais c'est Jeff Waters, le maestro de la six cordes, qui concentre les regards. Il se débrouille bien également au micro, glissant au passage quelques mots en Français. Ensuite, c'est la rythmique folle de "Clowns On Parade" qui vient tout détruire sur son passage. On constate d'ailleurs que la stabilisation du line up favorise la cohérence (et donc l'efficacité) de l'ensemble. Mais c'est l'über thrashy "Ultramotion" qui met le public en ébullition. Cependant, au Hit Parade du décrochage de cou, ce sont les riffs marteau-pilon de "Set The World On Fire" qui décrochent le pompon. Et ce n'est pas l'ultra efficace "Welcome To Your Death" qui va faire retomber l'ambiance de folie, déclenchant même un pogo de tous les diables ! "Fun Palace" est un autre moment marquant (et question fun, on en a pour notre argent, ce soir !). Histoire d'achever les survivants, Jeff et ses sbires (chapeau bas à la section rythmique, aussi discrète qu'efficace) dégaine "I Am In Command", mais c'est bien sûr le mythique "Alison Hell" qui vient clore les débats de la plus belle des manières. ANNIHILATOR vainqueur par K.O ! Après une telle baffe, il ne me reste plus qu'à aller me coucher, un sourire de satisfaction sur les lèvres...

 

Dimanche: Sunday, greasy sunday.

Rien de tel qu'un bon bol de goudron bouillant en guise de petit déjeuner (en l'occurrence REGARDE LES HOMMES TOMBER) qui joue un Black mêlé de Sludge et de Doom. C'est donc souvent très lent et lourd, désespéré voire dissonant, avec quelques accélérations fulgurante emplies de rage. Une grande baffe en plein visage, idéale pour se réveiller !

On reste dans le son bien fat, mais en beaucoup plus Hard n' Roll donc dansant et dans l'esprit fiesta (le premier morceau de BUKOWSKI est dédiée 'aux adeptes de la cuite du samedi soir et du Daffalgan').  Parfait pour mettre l'ambiance un dimanche midi, car les BUKO sont des bêtes de scène. Ils réussiront même à nous placer quelques riffs du "Bulls On Parade" de RAGE AGAINST THE MACHINE. Car ils savent aussi envoyer du gros metal bien gras !

Alors que le beau temps semble enfin s'installer, les Rouennais d'ATARAXIE (qui avaient eu la malchance d'être annulés deux fois de suite aux Motocultor précédents) ralentissent sévèrement le tempo en assénant leur Doom/Death assassin et totalement ratatinant (même les plus obstinés du slam sont temporairement découragés...), mais agréablement aéré d'accalmies en son clair ma foi fort belles. 4 titres en 45 minutes, ça vous laisse une idée du rythme pachydermique des riffs...

Le son reste épais, mais nettement plus entraînant avec le Stoner de JUMPING JACK. Très bel organe vocal du chanteur (sans accent) et bonne maîtrise des codes du style, à tel point que l'on aurait du mal à deviner qu'ils sont Français s'ils n'y avait pas les interventions dans la langue de Molière entre les morceaux. Et puis quel groove !!! L'audience, quelque peu assommée par ATARAXIE retrouve aussitôt son énergie. Vu l'annulation d'EYEHATEGOD (trop bourrés, ils se sont trompés de festival !), JUMPING JACK bénéficie d'un  rab' et joue donc une reprise des DOORS après une impro basse/batterie, le temps que le gratteux change une corde.

Je zappe les infra basses d'UFOMAMMUT pour revenir pour le set de THE OLD DEAD TREE, après les avoir vu deux mois plus tôt au Hellfest. Or le cadre plus intimiste de la Altar Stage (sous tente) convenait sans doute mieux à leur Dark Metal fin et mélodique que de jouer en milieu d'aprem' sous le cagnard, qui plus est devant une assistance clairsemée (ça devient dur de tenir le coup et de lever 'tôt' !). Cela dit, leur musique ne manquant pas non plus de passages extrêmes, les chanceux (et courageux !) présents profitent du spectacle à sa juste valeur, car le magistral premier essai du groupe The Nameless Desease est joué en intégralité et dans l'ordre pour fêter les 10 ans de l'album, or il est de toute beauté: un  peu de légèreté (toute relative) dans ce monde de brute ne fait (parfois) pas de mal!

Surtout que l'on continue par le Trve Black ultra violent de LUTECE, une formation parisienne qui a remporté le Metal Contest. En effet, ils ne sont pas là pour plaisanter (yeux fous du chanteur, guitares 7 cordes, basse à 6, crânes humains empilés sur le pied de micro...), mais à l'intelligence de proposer quelques plages Heavy pour éviter une trop forte linéarité (qui est souvent le talon d'Achille du genre). On a même droit à touche de Pagan avec le celtique "Alesia", un sujet qui décidément semble inspirer les metalleux.

On reprend une dose de Hard Rock avec les suédois de MUSTASH qui comme leur nom l'indique sont poilus et ne se prennent pas au sérieux, mais balancent une purée bien loin d'être light: C'est même une musique sévèrement burnée ! Le chanteur guitariste au look de redneck finit le concert en triomphant et vient donc donner l'accolade aux spectateurs du premier rang, en criant des 'Merci' et 'Vive la France' avant de réclamer un bisou de la part d'une accorte damoiselle repérée dans le public: il parvient d'ailleurs à ses fins, mais cela reste très chaste.

Regain de brutalité avec DECRIPIT REBIRTH qui fait dans le Brutal Death qui tache, parfois limite Grind, avec des influences MORBID ANGEL et SIX FEET UNDER (le chanteur est d'ailleurs aussi drealocké que Chris Barnes et semble aimer les cigarettes qui font rire  -'La Drogue, c'est maaaaal' - Ceci était un message du Ministère de la Santé et de Monsieur Mackey). En tout cas, cela semble plaire à la frange la plus extrême du public qui s'épaissit en ce début de soirée.

Retour à un peu plus de finesse avec le Dark Metal des lusitaniens de MOONSPELL (une vieille connaissance qui ne déçoit jamais en live). Fernando Ribeiro, toujours aussi charismatique, arrivé coiffé du casque de Maximus dans Gladiator sur la chanson "Axis Mundi" avant d'enquiller sur un  "Alpha Noir" à la fois haineux mais aussi mélodique, ce mélange étant une des force du combo. Le frontman fait l'effort de s'adresser à nous en Français pour lancer "Finisterra" ainsi que "Night Eternal" qui rappellent ses racines Black Metal. Ces deux morceaux rencontrent d'ailleurs un succès mérité. Alors qu' "Opium" nous montre la facette la plus gothique et dansante de MOONSPELL, un titre en Portugais ("Em Nome Do Medo") apporte une touche d'originalité. Mais le clou du spectacle reste bien sûr l'incontournable "Vampiria" avec la danseuse du ventre déjà vue avec ORPHANED LAND, qui vient jouer les vampiresse crachant le sang tout en tentant de séduire Fernando (il est vrai que le bougre ne manque ni de prestance, ni d'élégance). "Ataegina" fait danser l'assemblée (on a même droit à une ronde bretonne !) avant que le majestueux "Alma Mater" la face chanter. Et c'est en apothéose que l'on finit sur "Full Moon Madness", non sans que Monsieur Ribeiro ne nous ait chaleureusement remercié.

Mais foin de raffinements et de politesses, c'est aux bourrins de DYING FETUS (amis de la poésie, bonsoir !) que nous faisons maintenant face, subissant les assauts de son Brutal Death technique. Une chèvre, un crocodile et même une poupée gonflables [sic] volent dans le public qui rêve d'en découdre pendant les nombreuses moshparts dévastatrices. C'est violent, mais paradoxalement carré et très bien fait, les soli - pourtant pas piqués des hannetons - étant exécutés avec une facilité écoeurante et les rythmiques ayant la précision chirurgicale d'une frappe de Tomahawk. Par contre, le groupe termine par un des plus gros 'What The Fuck ?!' de la journée en quittant la scène sur fond de techno et d'un mec beuglant  un 'Get's your boobs on me' entêtant qui squattera hélas mon cerveaux pendant plusieurs semaines (il y est encore, ce satané refrain !!!).

On poursuit dans l'agression sonore avec le Thrash pur et dur d'EXODUS qui ne ralentit quasiment jamais, tout en envoyant de grandes mandales dans la tronches appelées "Piranha", "Blacklist", "A Lesson In Violence", "Bounded By Blood", "The Toxic Waltz" ou encore "Strike Of The Beast". Le chanteur Rob Dukes, avec une vivacité étonnante vue sa corpulence (il doit bien atteindre les 150 kilos !), ne cesse d'arpenter la scène comme un lion en cage, obtenant même le plus grand Wall of Death du week-end, ce qui n'est pas peu dire: le public se fend en deux comme la Mer Rouge devant Moïse, et ce sur toute la largeur de Davemustage (la scène principale), avant un impact on ne peut plus brutal.

La musique du film d'horreur Susperia (du réalisateur Dario D'argento) et dont la BO a été réalisé par le groupe GOBLIN - c'est on ne peut plus adéquat - sert de prologue au concert d'ORANGE GOBLIN, dernier candidat de la journée en ce qui concerne le Stoner, dans sa version fumée et über testostéronée. Les Anglais font le plein niveau foule, tant elle est avide de tripper sur leur musique bien grasse, façon Black Sabbath sous acide. "Stand for something" est dédicacé à notre cher Lemmy Kilminster (MOTORHEAD), actuellement convalescent après un burn out au Wacken. "Cities Of Frost", par exemple, pourrait être l'incarnation de la lourdeur, tel un ballet de parpaings ! Le reste du set est du même acabit, et c'est rassasié de riffs bien graisseux que nous allons terminés cette journée par une touche finale de raffinement bienvenue.

THERION, hélas sans le facétieux vocaliste (et homme-orchestre) Snowy Show, entame par le classique et très opératique "Rise Of Sodom and Gomorrah", les deux chanteuses (l'irréprochable Lori Lewis et la petite dernière, Linnéa, la fille de Thomas Vilkström - désormais seule voix masculine) abattent un boulot colossal. La désormais fameuse danseuse du ventre libanaise assure une fois de plus le show alors que le mixe sonore peine à s'améliorer sur "Son Of The Sun". Les choses rentrent plus ou moins dans l'ordre lors du puissant "Kali Yuga III", même si on entend encore trop les basses et pas assez la guitare du leader Christofer Johnsson. Lori introduit l'excellent "Vanaheim" et son feeling viking (il est tiré de l'album "Secret Of The Runes", un album qui fait l'unanimité et donc assez logiquement bien représenté ce soir) puis la très émotionnelle ballade "Lemuria" qui fait bien participé les fans. "Gunnungagap" (avec ses basses ronflante qui nous ramènent à la mythologie nordique) est l'occasion pour le soliste d'accrocher un soutien-gorge - lancé depuis le pit - sur sa guitare. L'ambiance est d'ailleurs toujours à la gaudriole, avec une chenille qui se forme dans la fosse, alors qu'un mec slamme dans le plus simple appareil, au grand étonnement de Lori et Linnéa, très en beauté ce soir. Le titre en français "Poupée de Cire, Poupée de son" (oui, c'est bien une reprise de la chanson qui a permis à France Gall de gagner l'Eurovision il y a très longtemps !), tiré du controversé album Les Fleurs du Mal, passe plutôt bien l'épreuve du live, mais nous n'auront pourtant pas le droit à "Les Sucettes à l'Anis" malgré les demande égrillardes de quelques spectateurs. On voit alors slammer un gars en béquilles [sic] et un autre déguisé en cochon, c'est vraiment un festival de fous ! Qu'importe, Thomas Vilkström - dans son costume steampunk - assure sur le magistral "Wine Of Aluqah". Theli, sans doute l'album le plus mythique de THERION, est une fois de plus représenté par le ténébreux "Cult Of The Shadows" et bien évidemment le tubesque "To Mega Therion" en rappel, dernière occasion pour le public de donner de la voix, alors que les guitariste jouent à genoux, dans le dos ou avec les dents. Quand la troupe se retire - ravie - sous les vivats, ce week-end de folie prend fin, non sans que les festivaliers les plus acharnés restent pour applaudir et fraterniser avec la Sécurité qui s'est montrée exemplaire tout du long, malgré quelques frictions durant le concert de BANANE METALIK.  Je n'aurai qu'un phrase, reprise par de nombreux groupes durant ces trois jours de réjouissances: "Vive la France, et vive le Motocultor !!!"

 

CONCLUSION : En ayant appris de ces erreurs de l'année passée et en effectuant un changement judicieux de site, les organisateurs ont su faire grandir intelligemment ce sympathique festival qui accueille donc désormais des groupes de plus grande envergure, mais sans sacrifier la convivialité, l'esprit "déconne", le côté familial et "fête entre potes metalleux". Nous étions 18 000 durant ces trois jours d'agapes, de décibels et de franche rigolade: un gros tiers de Bretons, un quart de Normands, et le reliquat composé de français d'autres régions et d'étrangers majoritairement venus d'Europe. Le son fut globalement bon, parfois excellent, plus rarement médiocre. La plupart des musiciens présents ont assuré le show, et sont généralement repartis avec la sourire, contents de l'accueil chaleureux reçu.  Pas de doute, si l'affiche demeure aussi éclectique et alléchante l'année prochaine, je signe de nouveau, les yeux fermés ! Car nous pouvons l'affirmer: B.Z.H = Bretagne.Zone.Hardcore !!!

 

 

Incomming....

 

 

The Dark Skies fait sa rentrée - Emission en Live

 

Bonjour à tous,

La période estivale est finie et pour Dark Skies Radio aussi c'est la rentrée! Mais rassurez-vous, c'est une équipe ressourcée qui revient Mardi 10 septembre prochain à 21h.
Retrouvez vos animateurs préférés en LIVE dans l'émission "The Dark Skies fait sa rentrée" sur www.darkskiesradio.com, de quoi réveiller vos neurones et vous redonner le sourire !

Concept de l'émission « The Dark Skies »: C'est l’émission Radio Libre de la radio, très proche des auditeurs. Nous passons de la musique en faisant intervenir nos auditeurs directement à l’antenne et en leur faisant découvrir des rubriques décalées et surprenantes. L’émission « The Dark Skies » se veut provocatrice, cherchant à réveiller les neurones, faire sourire ses auditeurs.
Alors n'hésitez pas à venir réagir à l'antenne et partager avec les animateurs de la radio votre point de vue sur les différents sujets qui y seront abordés.
Pour cela vous pouvez, soit utiliser le tchat de la radio: http://www.i-tchat.com/?62047
ou nous appeler au: 09 53 53 45 66

Au programme de cette The Dark Skies rentrée 2013:
- De la musique => encore et toujours, et surtout... pour le plaisir de vos oreilles ;)
- Des infos => séries/films, concerts, groupes, soirées... plus de raison de passer à côté
- Des conneries => non, non, non! vous ne saurez rien à l'avance ^^
- Et des cochonneries => parce que nous avons tous un côté pervers, autant l'assumer à l'antenne :p

La Team Dark Skies :)

 

Dark Skies Radio recherche pour la rentrée de septembre 2013 :

- Un développeur PHP/MySQL sachant s’occuper du backoffice d’un serveur dédié, et à l’aise avec Joomla. Personnalisation de module envisagée. [URGENT]

- Deux animateurs sur la région parisienne avec l’envie de s’investir. Une bonne culture musicale et expression orale pour passer à l’antenne.

Veuillez adresser une courte lettre de présentation nous exposant vos motivations avant le 7 août 2013 à l’adresse suivante : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.